Accéder au contenu principal

A toi, à moi

Pour être un bon pilote de rallye, et de surcroît un bon copilote, il ne faut pas seulement savoir maitriser une voiture sur terre ou asphalte. Il faut aussi savoir faire face à l’imprévisible. Lorsque l’on quitte de bon matin le parc d’assistance avec toutes les pièces de rechange disponibles et notre armée de mécaniciens qualifiés pour se retrouver souvent à plus de 100 kilomètres de là en rase campagne, il faut pouvoir se débrouiller seul en cas de pépins.

Et des pépins, un équipage va en rencontrer en permanence au cours de sa carrière. Les pilotes d’usine effectue souvent des « stages » de mécanique en atelier afin d’être capable de remplacer des éléments sensibles comme un triangle, un tirant de chasse, purger des freins, un embrayage ou fixer un amortisseur endommagé. Continuer coûte que coûte. De nos jours, les formats réduits, la fiabilité des voitures et l’uniformisation des épreuves a retiré peu à peu ce côté aventure des courses comme le Safari ou l’Acropole qui représentaient de véritables tests pour les hommes et les machines. Vous seriez passé pour un amateur si vous abandonniez pour une banale casse d’amortisseur ou une double crevaison sur ces épreuves. Cela faisait partie de la course et vous attendiez sagement votre tour. En ce sens, merci au retour de la Turquie en WRC au calendrier 2018.

On avait tendance à dire que les meilleurs mécaniciens/inventeurs parmi les pilotes étaient ceux qui avaient l’habitude de froisser plus de tôle que les autres. A force d’être confronté à ces situations, on s’améliore, logique.  Certains pourtant faisaient preuve d’une inventivité incroyable même en situation de stress intense. Comme Alister McRae et David Senior lors du RAC Rally 2001.

f1000061

Alors en route pour signer leur meilleur résultat en carrière (ils termineront 4ème derrière les futurs champions du monde Burns/Reid) sur leur modeste Hyundai Accent WRC Evo2, et en plein déluge dans les 27km de Rheola, leurs essuie-glace se mettent en carafe ! A peine perturbé, notre jeune écossais se tortille pour tenter d’apercevoir l’étroit chemin qui se dessine devant son pare-brise opaque. Le boulot de notes de David Senior est alors indispensable pour éviter la sortie de route. A l’arrivée, crédité du 7ème temps scratch, Alister et David bricolent un ingénieux système leur permettant d’actionner un mono essuie-glace depuis l’intérieur. Ils cannibalisent un des câbles radio, le fixe à l’extrémité du balai et ils n’ont alors plus qu’à tirer chacun leur tour pour remplacer le moteur électrique et nettoyer l’eau sur le pare-brise. Il fallait y penser.

Capture d_écran 2018-09-27 à 15.04.02

Non seulement ils signent un incroyable 8ème temps dans Rhondda sous une pluie battante mais ils parviennent à terminer le rallye à cette inespérée 4ème place qui apportera des précieux points à leur équipe au championnat constructeur. Preuve qu’être un bon mécano peut être aussi important que savoir maitriser une WRC.

Vidéo Youtube

 

Merci à / Thank you to: EWRC-results

Catégories

articles

Étiquettes

, , ,

hiringa25 Tout afficher

C’est en feuilletant un vieux magazine de l’année 1994, que mon attrait pour le rallye a commencé. Il aura pourtant fallu attendre le Monte Carlo 2000 pour que j’aperçoive en vrai ces autos et ces pilotes qui me faisaient tant rêver. Depuis, cette discipline hors normes à guider ma vie, sous différentes formes, et j’ai désormais la chance d’y travailler au quotidien comme coordinateur sportif et copilote.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :