Jour 5 (Monte Carlo 2021)

03h45. Après une bonne sieste, nous voilà de nouveau en piste pour cette seconde étape de l’épreuve. Le plus dur était de se lever, en tout cas pour ma part. Cette journée du vendredi est sur le papier la plus éprouvante du rallye avec des spéciales piégeuses, de la glace dans le Col de Carabès, de longs routiers et une météo capricieuse.
06h00. A Aspremont, en plus de la nuit et de la pluie, voici que le brouillard aussi s’invite à la fête. Un régal pour toute la partie rapide du début de spéciale avec ses plaques noires et quelques cordes déjà bien marquées… Sans ouvreur, nous sommes toujours dans le doute au moment d’aborder la descente du fameux Col de Carabès. Le terrain a bien évolué depuis nos reconnaissances mais c’est presque pire car la pluie a lavé la neige et laissé la glace. Et pour nous, chaque virage est une surprise. Contents d’être à l’arrivée. Le plus gros piège était peut être sur la liaison à la sortie de Valdrôme. La BMW de l’ouvreur de Neuville n’ira pas plus loin et vu la trace qu’il a laissé sur le mur, rien d’étonnant. Cent mètre de givre imperceptiple. Florian a pu discuter choix de pneus avec Ogier lors du refueling et emmagasiner encore de l’expérience.
10h26. Six heures que nous sommes dans la voiture et de retour à l’assistance. Tout va bien dans l’auto que nous apprenons dans ces conditions extrêmes. Niveau travail d’un ouvreur, c’est nettement moins chargé et on s’étonne d’entendre peu notre radio mais finalement assez logique. La dissuasion a fonctionnée et le filtrage dès la veille nous facilite le boulot.
13h46. A l’arrivée de la spéciale 7. C’est la première boucle dans laquelle nous refaisons des chronos et il faut rester concentré en permanence. Les cordes, la boue, le graviers sont omniprésents et il faut malgré tout tenir un rythme pour ne pas se faire rattraper. Florian me demande d’ailleurs de le prévenir quand la première voiture part histoire de se rassurer un peu mais il ne faut pas chômer, sans fauter et en observant bien le placement de chacun. Quand Florian me signale un spectateur mal placé, je parle à la radio en indiquant le PK sans perdre le fil des notes, si possible ! Une liaison interminable de 2h nous attend pour clôturer cette journée. Longs échanges et debriefing global avec l’équipe et les ingénieurs avant de rentrer enfin à l’hôtel.
21h49. Un ancien collègue de CHL Sport Auto vient de m’avertir que l’assistance est une zone de guerre: de violentes bourrasques ont arraché la majorité des structures, des professionnels aux plus amateurs. Nous n’échappons pas au désastre. Parti en vitesse pour sécuriser et constater les dégâts, nous sommes vite rejoint par le reste de l’équipe qui va passer une très longue nuit … Courage à tous.
Sources:
Communiqué de presse: Renault Sport Racing
Photos: Victor Bellotto
Catégories
hiringa25 Tout afficher
C’est en feuilletant un vieux magazine de l’année 1994, que mon attrait pour le rallye a commencé. Il aura pourtant fallu attendre le Monte Carlo 2000 pour que j’aperçoive en vrai ces autos et ces pilotes qui me faisaient tant rêver. Depuis, cette discipline hors normes à guider ma vie, sous différentes formes, et j’ai désormais la chance d’y travailler au quotidien comme coordinateur sportif et copilote.